Raison d'être 

Évoquer l’exil, tous les exils, est parfois délicat, d’autant plus lorsque l’adoption internationale impose un exil intime et identitaire.

A l'instar des adoptions "réussies", des témoignages d'adoptés et de leurs familles révèlent parfois un système opaque, et pyramidal, qui a affaibli le discernement public et laissé prospérer des pratiques questionnables.

Les institutions entendent aujourd'hui ces récits.

La CIDE (1989), garante du droit à l’identité, à la protection familiale et au consentement éclairé des parents, est l'une des référence incontournable quand il s'agit d'évaluer une procédure d'adoption. 

Aussi, "les professionnels médicaux, directeurs d’'orphelinats", disposent d’une autorité que personne n’ose contester : lorsqu’ils déclarent un enfant malade ou en situation de handicap, plus aucune question n’est permise. Certains en ont profité au fil des ans. (Cf. Le mythe de l'abandon)" - témoignage anonyme d'une citoyenne bulgare.

Nous espérons contribuer à éviter la répétition de pratiques passées. Pour ce faire, nous mobilisons les voies de droit quand cela est nécessaire. 

Ces éléments, accompagnés d’éclairages socio-historiques, visent à informer et, modestement, à dialoguer avec chercheurs et acteurs internationaux.

Par ailleurs, le collectif se veut un lieu de partage, inspiré de l’approche rogérienne et de l’éthique du care, où l’attention à l’autre devient principe fondateur. 

Aussi, dans une confidentialité stricte des données à caractère secret qui nous sont confiées, nous nous engageons également a délivrer des informations juridiques claires, notamment sur l'accès au droit en matière de recherche des origines pour les personnes nées dans les Balkans (cadres légaux en vigueur, circuits administratifs)

Enfin, nous croyons en l'apport spontané de chaque individu et du caractère propre de son histoire.

Note méthodologique : Nos pistes d’analyse reposent sur une approche de sobriété interprétative. L'ensemble de nos témoignages sont considérés comme matériaux premiers.

Fondatrices 

Nous sommes deux jeunes femmes issues de minorités ethniques : Rom Kalderash de Macédoine du Nord et Pomak de Bulgarie.

Ayant grandi auprès de nos parents adoptifs aimants, nous tirons de cet amour et de cet héritage multiculturel, la source de notre engagement. 

Depuis que nous avons découvert les pratiques opaques et malhonnêtes entourant certaines adoptions, nous portons la voix de celles et ceux qui en ont été privés et guidons les adoptés dans leurs démarches de recherche de leurs origines.

Les Kalderash, historiquement ferblantiers, et les Pomaks, descendants de Slaves musulmans, ont tous deux préservé leur langue et leur identité malgré marginalisation, discriminations et politiques d’assimilation. Perçus comme des altérités, ils ont souvent été exclus du récit national. L’architecture ottomane des Balkans, mosquées, ponts et hammams, témoigne de ces interactions culturelles et de cette histoire de domination et de résistance.